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Alain Morand, Chef du Service Etude des Patrimoines Naturel et Culturel du Parc National du Mercantour

 En tant que professionnel de l'environnement et de la biodiversité, depuis près une vingtaine d'années (en tant que doctorant puis enseignant-chercheur, consultant et responsable scientifique de plusieurs types d'espaces protégés), j'ai toujours considéré que travailler à plusieurs échelles est non seulement très enrichissant mais indispensable lorsqu'on aborde les problématiques d'étude, de gestion et protection des espèces et des milieux. D'ailleurs, il est toujours trivial mais néanmoins important de rappeler que les espèces ne connaissent pas de frontières ! La confrontation des idées et des cultures, la recherche d'une compréhension réelle en raison même de difficultés parfois à s'exprimer dans la langue des partenaires, sont autant de raison à la mise en réseau durable des acteurs et des compétences.

Le réseau Alparc a permis ces rencontres et favorisé les échanges au travers de différents programmes qu'il a initié et mené. Celui auquel, j'ai participé, le programme "Econnect" a permis de réaliser du "vrai" transfrontalier avec nos collègues italiens, le Parc Alpi Marittime, allant jusqu'à tester sur une même espèce, le Tétras-lyre, des méthodologies d'analyses spatiales sur les corridors écologiques. Il a permis de s'engager dans des échanges avec nos voisins sur la problématique des stations de ski (traitée très différemment à seulement quelques kilomètres les unes des autres mais dans deux pays différents) et leurs impacts sur les populations et les milieux (habitat de reproduction des Tétras-lyre et zones humides) à la lumière des expériences des autres espaces protégés associés à ce grand programme.

Le programme « Econnect » a été à l’initiative, en définitive, de nombreux échanges fructueux entre les deux parcs, l'équipe de professionnel sympathique et compétente d'Alparc en ouvrant de belles et futures perspectives transfrontalières et européennes (réflexion en cours à l'échelle européenne sur la poursuite de cette approche "corridors" entre plusieurs massifs montagneux) pour poursuivre ces travaux particulièrement importants lorsqu’on se rappelle que la fragmentation des milieux est l’une des causes principales de l’érosion de la biodiversité. Je ne peux que souhaiter la poursuite d'un tel réseau, voir qu'il se renforce !

Alain MORAND, Parc National du Mercantour, Chef du Service Etude des Patrimoines Naturel et Culturel